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18/03/2010

Atelier poésie à Saint-Max

IMG_2356 copie.jpgCe mercredi 17 mars, dans le cadre du Printemps des Poètes, j'ai animé un petit atelier de poésie (phrases rimées d'après photo, création libre et poésie en image pour ceux qui ne savaient pas lire), secondé par les sympathiques documentalistes de la bibliothèque de Saint-Max . Les enfants sont repartis contents avec leurs créations et un fruit bio (merci au passage au magasin bio La Vie Saine d'Essey-lès-Nancy qui a offert les fruits). 

01:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

09/03/2010

Rares Victor, un artiste venu d'ailleurs

Rares Victor.png

 

 

http://www.raresvictor.com

 

Je crois que l'artiste a un autre site, mais en attendant vous pouvez aller jeter un oeil sur le diaporama qui présente quelques-unes de ses oeuvres (cliquez plusieurs fois).

Rares Victor, alias Victor Rares maluréanu, est un artiste d'origine roumaine qui vit et travaille à Nancy. Son oeuvre est protéiforme. C'est que l'homme est multiple. Chantre de la femme, poète de l'exil, contemplatif du présent et de l'intemporel, dénicheur de mots et de concepts, ausculteur d'âme, le gaillard transylvanien se joue des frontières et des conventions, construisant une oeuvre singulière qui révèle autant qu'elle interroge.

L'artiste excelle dans des nus miniatures captivants où la plastique vient contenir l'érotisme et créer une tension qui redonne au corps un langage purement symbolique. Il  nous propose de revenir à l'essence des choses en passant par l'idéal et dans ses mains de peintre, le trivial magnifié participe de cette quête d'une humanité supérieure.

La côte de cet artiste est en hausse, mais encore loin d'avoir atteinte ses mérites. Les numismates pourront acquérir pour une cinquantaine d'euros une monnaie symbolique dessinée par Victor Rares et frappée par la monnaie de Paris. Sur cette belle pièce brillante, figurent le lever et le coucher du soleil et les mots "Levant" et "Couchant". Tirée à 1001 exemplaires (tout un symbole...) elle invite à la communion avec le jour, le temps, et entre les hommes.

 

23/01/2010

"Les animaux domestiques"

 

"Les animaux domestiques" de jean Lecointre, aux éditions Thierry Magnier

Jean Lecointre est un surdoué du photo-montage et du roman-photo. Son album "Les animaux domestiques" est une pure merveille inclassable. Utilisant des images délicieusement surannées des années cinquante, Lecointre nous fait basculer dans un monde étrange où les chiens sont des majordomes qui s'oublient face au premier lampadaire venu et où les papillons de nuit désabusés ont des airs de Scott Fitzgerald. Dans un univers bourgeois décadent dont le décor fait un peu penser à "Mon oncle" de Jacques Tati et l'ambiance à "La règle du jeu" de jean Renoir, on assiste au choc de l'animalité innocente avec les convenances les plus pointilleuses. Chaque page est touchante de cruauté, mais aussi, et c'est là l'exploit, d'humanité, car ces animaux qui dérangent finissent par triompher des habitudes et de l'ennui. 

Un magnifique album (roman-photo ?) dont l'atmosphère vous hantera longtemps, et qui peut être conseillé aux enfants comme aux adultes.

les animaux domestiques.png

 

 

 

05/11/2009

Treizième avenir de

Treizième avenir, de Sébastien Joanniez, aux éditions SARBACANE.

 

TreiziemeAvenir.pngLa collection eXprim’ continue de proposer aux adolescents des romans écrit par des auteurs au sang chaud. Avec « Treizième avenir », on rentre dans la tête d’un adolescent qui laisse les situations croiser ou accompagner ses désirs sans oser intervenir de façon décisive, s’en remettant à la loi d’attraction des corps, qui tarde à se vérifier. Les ratages accentuent son mal être, l’inexpérience et la tension d’une vie sans soupape le poussent au bord du dérapage, du coup de folie, de la déprime, jusqu’à cette première fois libératrice. Et le coeur prend sa voilure, on quitte la terre et le terre-à-terre d’un quotidien sans surprise; l’amour est là, tout bête qui fait que tout prend un sens et qu’un but est pressenti qui balaie toutes les impasses de la vie.

Le style intuitif et sans fioriture décrit à merveille les tourments et la façon d’être d’un certain type d’adolescent… ou d’un certain moment de l’adolescence ?

  

 

27/06/2009

Les nouveaux Victor Hugo

Un de mes poèmes a été sélectionné dans le recueil collectif "Les nouveaux Victor Hugo", tiré à 1000 exemplaires et distribué gratuitement dans les librairies du village du livre de Fontenoy-la-Joute. 

Remise des prix, dimanche 28 juin 2009 à 11 h, galerie Daniel Mengotti.

(Extrait : Le jardinier

La mauvaise herbe et la chenille

Vous défigurent un printemps; 

Un jardinier passait son temps

Courbé sous le soleil qui brille.)

20/06/2009

Roland Grunberg, dans les méandres du jazz

Tomasz_Stanko_compositeur_trompettiste_polonais.jpg

Les gravures de Roland Grunberg (artiste de Nancy) sont tout simplement magnifiques. Son style, reconnaissable entre tous et inimitable, lui a permis de littéralement donner vie à une magnifique série de musiciens de jazz (mais le reste de son travail est tout aussi intéressant). À suivre les volutes qui parcourent ces visages transcendés, on entendrait presque la musique. L'artiste (que Cocteau avait salué en son temps) est toujours en activité et ses oeuvres numérotées et signées sont à vendre, en passant par lui, à un prix "d'ami"... Son site : http://roland.grunberg.free.fr/

Ci-contre : Le compositeur polonais Tomasz Stanko

23/04/2009

Les gestes de la ferme (Imagier photo)

LesGestesDeLaFerme.png

Un imagier photo pour jeunes enfants sur les travaux de la ferme et les gestes éternels propres à cet univers. Nicolette HUMBERT, photographe humaniste, a créé un livre original entre documentaire et fiction poétique.

Le livre sur le site de la Fnac : 

http://livre.fnac.com/a2529466/Nicolette-Humbert-Les-gest...

Le blog de l'auteur :

http://nicolettehumbert.hautetfort.com/

 

(Les gestes de la ferme, 2009, éditions La Joie de Lire.)

22/03/2009

"Barry fait son cirque"

Au mois de juin 2009 est paru dans Mes Premiers J'Aime Lire chez Bayard-Presse une histoire intitulée "Barry fait son cirque" (auteur : Didier Zanon, illustrateur : Aurélien Débat).

On a bossé en parfaite symbiose avec Bayard et le résultat est vraiment à la hauteur de mes espérances. 

N'hésitez pas à me dire si vous l'avez aimé, en laissant un message sur ce post...

La couverture :

Barry.jpg

Présentation :

Barry01.jpg

 

 

 

 

24/11/2008

Être Jack London aujourd'hui

Je suis en train de lire une biographie de Jack London écrite par sa femme, Charmian London (Librairie Gallimard, 1927). On est à la toute fin du 19 ème siècle dans un monde en mutation et en crise (comme d'habitude), le chômage sévit déjà et l'industrialisation croissante n'offre pas des perpectives d'emploi très réjouissantes. Jack London alterne les emplois sûrs et aliénants d'usine avec des plongées revigorantes dans l'aventure. Sur un coup de tête, à cette époque, on pouvait partir sur la mer ou vers le Colorado et ses mines d'or. La compagnie du danger et de la mort était le prix à payer, mais pour un garçon robuste et débrouillard, ce prix était dérisoire en comparaison des trésors de souvenirs et d'aventures qu'il pouvait accumuler. De nos jours, les choses pourraient sembler plus difficiles, et l'aventure cantonnée aux agences de voyage spécialisées. En fait, je crois que partir à l'aventure est toujours aussi facile. Par contre, dans ce monde réduit en images pour spectateurs passifs, l'aventure est plus que jamais réservée à une élite. Cette élite ne se reconnaît ni par la fortune, ni par l'éducation, mais par son besoin impérieux de prendre les chemins de traverse et de voir au delà du monde visible. Quand le mystère et l'ombre découragent les biens rangés, l'aventurier se sent appelé... Tiens, je vais relire "L'appel de la forêt"...

 

11/09/2008

Quelques années de moins que la lune

"Quelques années de moins que la Lune" de l'écrivain italo-suisse Germano Zullo, c'est d'abord un beau titre, qui sent bon la nostalgie et la poésie à fleur de peau. C'est ensuite un beau roman à "épisodes" sur l'enfance de l'auteur, écrit dans une langue sobre et truculente à la fois. Un vrai plaisir de lecture en perspective pour adolescents à partir de 12 ans et pour adultes restés jeunes.

Je vous donne en extrait le premier "épisode":

[ TARENTELLA DELL' EMIGRANTE

Nous sommes italiens.

Cela doit être important car Madame P., notre voisine du dessus, ne cesse de le répéter sur tous les tons : "Ah! voilà les Italiens... C'est le petit des Italiens... La femme de l'Italien... Le mari de l'Italienne..." 

Oui, nous sommes italiens. Notre village s'appellle Gioia Sannitica. Un véritable trou au pied de Monte Erbano, province de Caserta, à quelques kilomètres au nord de Napoli. Madame P. a aussi remarqué que les Italiens du dessous ne parlent pas italien, mais plutôt un genre de dialecte qui, d'après elle, ressemble à de l'arabe, sans doute du napolitain. En réalité, nous parlons le gioiese, puisque nous venons de Gioia. Si nous étions nés quelques kilomètres plus à l'est, à Faicchio, nous aurions parlé le faicchiano, et si nous étions nés quelques kilomètres plus au au sud, à Ruviano, nous aurions parlé le ruvianese. Une chose est sûre cependant pour Madame P. : nous parlons très mal le français.

Papa travaille chez M., une petite entreprise de ferronnerie d'art. Il lui a suffi de prouver qu'il savait souder pour obtenir l'emploi. Auparavant, Papa travaillait comme garçon de ferme, puis comme manoeuvre chez un important horticulteur de la région. Maman est arrivée en Suisse dix ans après Papa. Elle a fait des ménages, à droite, à gauche, chez des gens que je ne connais pas. Papa Maman s'occupent également de l'entretien de la résidence secondaire des N., une riche famille de la ville qui ne monte à la campagne que les jeudis et les week-ends. Nous habitons chez l'employeur de Papa. Un trois pièces juste au-dessus de la station-service BP à Jussy. J'adore l'odeur de l'essence.

Maman est enceinte. J'aimerais avoir un petit frère. Il porterait le nom de Salvatore. L'an dernier, Maman a fait une fausse-couche, c'étai aussi un petit frère. Je voulais qu'il s'appelle Angelo. D'aprèsMaman, c'est de la faute de la doctoresse si on a perdu l'enfant. Elle serait arrivée trop tard, et n'aurait fait que de favoriser le malheur, en forçant Maman à expulser le foetus dans la cuvette des toilettes. D'après Maman, le foetus possédait une belle chevelure de couleur noire.

Maman ne retournera plus chez la doctoresse. Nous continuerons de faire confiance au vieux médecin du village, le docteur A., bientôt centenaire, mais toujours en activité. La police vient de lui retirer son permis de conduire, car il confond systématiquement les fossés avec la chaussée. Mais sa main reste très sûre. Je manque de vitamines et tous les lundis le docteur A. me fait une piqûre de calcium dans les fesses. Il insiste à chaque fois beaucoup pour ausculter d'un coup toute la petite famille. Ses précieux services ne nous coûtent presque rien.

Mais la première chose dont je me souviens après être né, c'est la voix de la sage-femme qui dit bambino ; c'est le goût d'olive du lait de Maman ; c'est le contact des mains calleuses de Papa sur ma poitrine ; c'est l'odeur du printemps par la fenêtre ; c'est le rythme chevrotant d'une tarentelle ; c'est un compartiment de train enfumé ; c'est le vacarme d'une grande ville l'après-midi ; c'est les chiens errants qui prennent possession de la rue quand la nuit arrive ; c'est la douce lumière d'une bougie en forme de bouteille ; c'est le regard mystérieux de mon grand-père ; c'est la tristesse du Volturno ; c'est le vent qui appelle l'ombre des grands arbres ; c'est le froid d'une chaînette en or autour de mon cou ; c'est l'étrange forêt que je découvre en moi lorsqu'on me laisse seul. ]...

Germano Zullo, Quelques années de moins que la Lune, éditions La joie de Lire, 97 pages.